Jose H. del Rio (Duende), l’artiste multidisciplinaire espagnol

 

Bonjour Jose ! Ton parcours est très éclectique, peux-tu nous en dire plus?

Bonjour ! J’ai commencé dès l’enfance à jouer avec des disques, à enregistrer des cassettes et à doubler des vidéos avec un micro.

Jose Hurtado del Rio enfant

 

J’ai tout appris par moi-même : j’avais 15 ans quand j’ai commencé mon activité de DJ et mon premier court métrage. Quelques années plus tard, je suis devenu ingénieur du son pour un organisateur de tournées en Espagne et, peu de temps après, l’entreprise m’a offert un poste de régisseur lumière. C’est là que j’ai décidé d’étudier les techniques d’éclairage, en autodidacte également (il n’y avait pas de formation pour acquérir ces compétences en 1999-2000). A 30 ans, je travaillais dans l’audiovisuel et au Pacha Costa del Sol à Malaga en tant que Light Jockey et VJ, avec les DJ les plus talentueux de la planète !

 

J’ai commencé à donner des cours sur la conception lumière. Puis, je suis revenu aux tournées nationales en tant que scénographe, ingénieur lumière et vidéo, jusqu’à  ce que je participe à  la plus grande tournée de l’histoire de la musique espagnole, lauréate du prix de la meilleure tournée de l’Académie Nationale des Arts et des Sciences. Ce prix a été une étape clé car j’ai décidé d’approfondir mon expertise de la scénographie, pour la rendre numérique et interactive. J’ai commencé à utiliser des capteurs, des codes et plusieurs logiciels. Ces outils ont vraiment fait évoluer mon travail.

L’une des tournées de Jose Hurtado del Rio

 

Voyager semble important pour toi. Quelles ont été les destinations les plus décisives pour l’évolution de ton travail?

J’ai vécu à Chamonix après l’école secondaire et j’ai été très influencé par la grandeur et puissance de la nature. On y trouve des représentations mathématiques impressionnantes, un nombre infini de forces physiques qui coexistent et se battent constamment, des structures chimiques, une symphonie de sons qui font un paysage. J’aime travailler sur les formes géométriques et les motifs qui apparaissent de manière naturelle.

Exemple de recherche sur la géométrie en 2014, avec la version beta de HeavyM !

 

La montagne a été une recharge d’énergie parfaite avant de vivre à  Londres, une ville qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui, où j’ai trouvé tout ce dont j’avais toujours rêvé : la culture, la technologie, l’art… Puis, je suis retourné en Espagne pour étudier et devenir un professionnel. Madrid m’a donné l’opportunité de travailler avec des techniciens internationaux qualifiés et des gens très créatifs.

 

Pourquoi et quand as-tu décidé d’intégrer la lumière et le vidéo mapping dans ton activité?

Quand j’ai démarré au Pacha, le VJ ne correspondait pas aux exigences et on m’a demandé de le remplacer, pour être LJ et VJ en même temps. J’ai été très chanceux et cette double casquette a été un vrai cadeau : j’ai fait des animations pour John Acquaviva (PLUS 8), Wally Lopez (Global Underground), Erick Morillo (Subliminal, Pacha), David Morales (Prix Grammy), Jonathan Ulysses (Space Ibiza), Harry « Choo Choo » Romero (Subliminal), DJ Chus (Chus & Ceballos) et bien d’autres!

Jose Hurtado del Rio et John Acquaviva

 

Le vidéo mapping est entré dans ma vie il y a cinq ans, grâce aux Beaux-Arts et à  la peinture. Je vivais dans le studio de l’artiste Pepa Caballero à cette époque. J’ai crée ma première oeuvre vidéo mapping pour une exposition en avril 2013, elle s’intitulait Cuadro Corcho : j’ai joué avec les cadres de 40 photos accrochées au mur montrant des vidéos en mouvement sur les photos.

 

Tu es autodidacte en techniques d’éclairage et en vidéo mapping. Comment as-tu appris? Qu’est-ce qui a été le plus facile et le plus difficile?

Mon outil préféré, sans aucun doute : les guides et les manuels d’utilisation des machines et des logiciels ! Je me suis aussi beaucoup entraîné. Le plus simple pour moi a été le son et la lumière car j’ai beaucoup étudié les sciences et les logiques de mouvements harmoniques dans différents spectres se rejoignent. Le plus difficile? Assimiler le codage… Heureusement, mon professeur (Javier Melgar alias Animatek) était si humble et motivant qu’il m’a donné confiance dans la programmation des capteurs et des visuels. J’ai ensuite assisté à  de nombreux ateliers à La Térmica à Malaga (pour l’interactivité des capteurs, les techniques de vidéo mapping), lu plein de livres et suivi les cours en ligne d’universités étrangères, comme l’Institut des Arts de Californie, l’Université Goldsmiths de Londres et l’Université Vanderbilt du Michigan. j’ai aussi suivi les cours en ligne de Daniel Schiffman sur le processing.

 

Quand as-tu commencé à  travailler avec HeavyM?

J’ai découvert HeavyM quand il était en phase beta il y a 4 ans. Il n’y avait qu’une seule vidéo, en français, mais bien expliquée! HeavyM m’a offert des solutions à tout ce dont j’avais besoin, à toute une série d’actions qui me faisaient perdre du temps avec d’autres programmes et me causaient trop de travail et de problèmes. HeavyM m’a vraiment aidé à accélérer mon rythme de production.

 

Quels sont pour toi les avantages de HeavyM?

Ce que j’aime le plus, c’est la stabilité, la fonctionnalité et l’évolution très positive du logiciel. J’apprécie vraiment la clarté du guide d’utilisation et le soutien continu de l’équipe. HeavyM encourage à  progresser avec ses tutoriels en ligne pour améliorer l’utilisation du logiciel et maîtriser les nouvelles fonctionnalités. De plus, l’équipe est toujours disponible pour m’aider et répondre à mes questions. Et bien sûr, je dois saluer le gain de temps: de l’idée à la projection, il n’y a pas de temps perdu et j’ai fait quelques improvisations vraiment cool dans la rue.

Improvisation de Jose Hurtado del Rio dans un monastère

 

Ces nouvelles compétences ont-elles ouvert des opportunités pour ton activité?

Oui bien sûr ! Avec le vidéo mapping, j’ai ajouté une compétence clé à mes services et c’est incroyable pour mes clients de voir la vidéo s’ajuster parfaitement à la surface, exactement comme ils l’avaient imaginé. J’ai déployé mon activité dans d’autres secteurs, par exemple je travaille actuellement à développer un environnement visuel pour traiter la fibromyalgie grâce à  des exercices avec Kinect.
J’ai toujours voulu travailler pour un spectacle de danse où la vidéo serait contrôlée par les mouvements du corps des danseurs. Cela pourrait être un beau projet à réaliser l’hiver prochain …

 

As-tu été influencé par ton héritage espagnol? Ton intérêt pour l’art contemporain a-t-il transformé ton travail?

Mes principales influences viennent principalement d’autres pays, comme Platon, Pythagore, Léonard de Vinci, Dante, Eiffel, Sol Lewitt, Mondrian… De l’Espagne, je dirais surtout Picasso et Gaudi­. Enfin, parce qu’ils sont très proches, je cite Damaso Ruano et Pepa Caballero (qui essaie toujours de me faire voir l’artiste derrière le technicien). Ma façon de concevoir les choses est définitivement influencée par l’art contemporain, je travaille sur l’héritage de ces artistes pour donner à  leurs inventions de nouvelles perspectives.

Platon vu par Jose Hurtado del Rio – Duende

 

Comment décrirais-tu la scène artistique multimédia en Espagne? Vois-tu un avenir brillant pour le vidéo mapping?

La plupart des artistes espagnols multimédia en Espagne sont des femmes (et c’est bien !) mais peu d’entre elles travaillent à  l’étranger comme mes amis Tatiana et Søren (Desilence).

L’avenir du vidéo mapping se joue maintenant. Nous devons aller de l’avant car comme dans tout art technique, il y aura toujours un rythme défini par l’industrie et les produits mis sur le marché, qui apportera ce dont les artistes et les techniciens ont besoin pour faire des spectacles fantastiques, comme les hologrammes et les drones.

 

Peux-tu partager avec nous tes meilleurs souvenirs? Et tes prochains projets?

Mes 30 années de travail sont remplies de bons souvenirs !

Je conserve de merveilleux souvenir de ma première performance de conférencier à neuf ans, du premier disque que j’ai passé en tant que DJ à Zona Malaga, mon premier festival en tant que technicien où j’ai rencontré Adamski, Nina Hagen et Gloria Gaynor. Je me souviens du jour où j’ai bavardé avec Ray Charles, des bières partagées avec Apollo 440 avant le concert, des chansons que j’ai vendues à Londres, de chaque fois qu’une de nos tournées a atteint le succès mérité, de mes premiers visuels interactifs avec Kinect, du jour où j’ai décidé de créer Duende pour promouvoir mon travail. Tous ces événements ont été l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes et de nouveaux amis, des grands artistes internationaux qui m’inspirent, et de très bons artistes qui s’inspirent aussi de mon travail… C’est peut-être le cadeau le plus gratifiant, être source d’inspiration pour d’autres artistes.

Logo Duende – « Quand la technologie et l’art vont de pair »

Mes trois prochains projets sont :

  • un spectacle de surround mapping,
  • une interface Lemur pour contrôler HeavyM,
  • des ateliers avec HeavyM, en espagnol, dans ma villeJe vois l’enseignement comme une manière de monter en gamme : je traduis des passages du manuel d’utilisation et d’ailleurs, j’adorerais travailler avec HeavyM sur des supports didactiques pour les hispanophones du monde entier.

Le premier atelier vient de se produire le 9 avril! Avec comme audience deux professeurs des l’Ecole des Arts Officiels et de l’Université de Malaga avec certains de leurs étudiants, un technicien lumière et un designer graphique. 

Cette première session a été très réussie, j’en prévois d’autres prochainement ! 

 

 

Jose Hurtado del Rio utilise HeavyM Live pour créer

ses atmosphères art & tech

Découvre HeavyM Live

 

Rejoins Duende sur Facebook